Louis-Ferdinand Céline

LIVRES

CITATIONS (77)

Le vrai rideau de fer c’est entre riches et les miteux… Les questions d’idées sont vétilles entre égales fortunes…

Louis-Ferdinand CélineNord

Je crois, Lili, les tragédies d'hommes, elle en voyait tellement autour, que c'était entendu, tout voulu, pas à s'en mêler... tandis que les malheurs des bêtes, personne y faisait attention, alors pour elle y avait que les bêtes qui existaient... le temps a passé, et bien des choses... à réfléchir je crois qu'elle avait assez raison...

Louis-Ferdinand CélineNord

La raison est morte en 1914. Novembre 14... après c'est fini, tout déconne.

Louis-Ferdinand CélineNord

Le petit succès de mon existence c'est d'avoir tout de même réussi ce tour de force qu'ils se trouvent tous d'accord, un instant, droite, gauche, centre, sacristies, loges, cellules, charniers, le comte de Paris, Joséphine, ma tante Odile, Kroukroubezeff, l'abbé Tirelire, que je suis le plus grand ordure vivant ! de Dunkerque à Tamanrasset, d'U.R.S.S. en U.S.A... tous ces pauvres films, soi-disant d'horreur, me font rire !...

Louis-Ferdinand CélineNord

Le feu est le bout en train de la vie, même un feu de rien trois brindilles... comme pour les courses à vélo, pas de roue devant vous, sous votre nez, pas de Tour de France !...

Louis-Ferdinand CélineNord

Les souvenirs de môme sont toujours si c'était d'hier...

Louis-Ferdinand CélineNord

La jeune femme est coquette pour plaire, la vieille pour avoir l'air riche, il faut être riche ou disparaître !...

Louis-Ferdinand CélineNord

Quand le moment du monde à l'envers est venu et que c'est être fou que de demander pourquoi on vous assassine, il devient évident qu'on passe pour fou à peu de frais, encore faut-il que ça prenne. Et quand il s'agit d'éviter le grand écartelage, il se fait dans certains cerveaux de magnifiques efforts d'imagination.

Louis-Ferdinand CélineVoyage au bout de la nuit

C'est le délai qu'il nous faut, deux années, pour nous rendre compte, d'un seul coup d'oeil, intrompable alors, comme l'instinct, des laideurs dont un visage, même en son temps délicieux, s'est chargé. On demeure comme hésitant un instant devant, et puis on finit par l'accepter tel qu'il est devenu le visage avec cette disharmonie croissante, ignoble, de toute la figure. (.) On peut dire alors qu'on ne s'était pas trompé de chemin, sans s'être concertés, l'immanquable route pendant deux années de plus, la route de la pourriture. Et voilà tout.

Louis-Ferdinand CélineVoyage au bout de la nuit

Il y avait ces cent sous entre nous . Ça suffit pour haïr, cent sous, et désirer qu'ils crèvent tous. Pas d'amour à perdre dans ce monde, tant qu'il y aura cent sous.

Louis-Ferdinand CélineVoyage au bout de la nuit

Les Aztèques éventraient couramment, qu’on raconte, dans leurs temples du soleil, quatre-vingt mille croyants par semaine, les offrant ainsi au Dieu des nuages, afin qu’il leur envoie la pluie. C’est des choses qu’on a du mal à croire avant d’aller en guerre. Mais quand on y est, tout s’explique, et les Aztèques et leur mépris du corps d’autrui, c’est le même que devait avoir pour mes humbles tripes notre général Céladon des Entrayes, plus haut nommé, devenu par l’effet des avancements une sorte de dieu précis, lui aussi, une sorte de petit soleil atrocement exigeant.

Louis-Ferdinand CélineVoyage au bout de la nuit

Dans ce métier d'être tué, faut pas être difficile, faut faire comme si la vie continuait, c'est ça le plus dur, ce mensonge...

Louis-Ferdinand CélineVoyage au bout de la nuit

Pour que dans le cerveau d'un couillon, la pensée fasse un tour, il faut qu'il lui arrive beaucoup de choses et de bien cruelles.

Louis-Ferdinand CélineVoyage au bout de la nuit

[...] ce n'est peut-être que cela la jeunesse, de l'entrain à vieillir.

Louis-Ferdinand CélineVoyage au bout de la nuit

N’importe qui du lycée vous bâcle un Goncourt en six mois ! Un bon passé politique, un bon éditeur, et deux trois grand-mères, un peu partout en Europe, et c’est enlevé !

Louis-Ferdinand CélineEntretien avec le professeur Y

Je crois que j'ai eu, inconsciemment sans doute, mais j'ai eu grand soin de ne pas être mandarin de la littérature; je l'ai pour ainsi dire cherché. Et pour tout avouer, si je me suis mis tant de gens à dos, l'hostilité du monde entier, je ne suis pas très certain que ça ne soit pas volontairement. Précisément pour ne pas être populaire, ne pas avoir à être flatté par un tel et prendre de l'importance, ce qui est une chose hideuse, n'est-ce pas ? J'ai donc cherché pour ainsi dire la modestie, et même la réprobation générale. Je ne peux pas dire que je l'ai absolument cherchée, mais enfin, ça s'...

Louis-Ferdinand CélineEntretien avec Albert Zbinden

Revenons à la télévision. [...] C'est un prodigieux moyen de propagande. C'est aussi, hélas ! un élément d'abêtissement, en ce sens que les gens se fient à ce qu'on leur montre. Ils n'imaginent plus. Ils voient. Ils perdent la notion de jugement, et ils se prêtent gentiment à la fainéantise.

Louis-Ferdinand CélineEntretien avec Jacques Chancel

La télévision est dangereuse pour les hommes. L'alcoolisme, le bavardage et la politique en font déjà des abrutis. Était-il nécessaire d'ajouter encore quelque chose ?

Louis-Ferdinand CélineEntretien avec Jacques Chancel

[...] donc Lili s’en va !... je reste avec les chiens... je peux pas dire que je suis vraiment seul... les chiens me préviennent... ils me préviendront du facteur, encore à quatre kilomètres ! de Lili, encore à la gare... ils savent quand elle descend du train... jamais d’erreur ! j’ai toujours cherché à savoir comment ils savaient ? ils savent, c’est tout !... nous on se tape la tête dans les murs, on est idiots mathématiques... Einstein saurait pas non plus si Lili arrive... Newton non plus... Pascal non plus... tous sourds aveugles bornés sacs...

Louis-Ferdinand CélineVoyage au bout de la nuit

Encore mes rancœurs !... vous m’excuserez d’un peu de gâtisme... mais pas tellement que je vous lasse !... moi et mes trois points !... un peu de discrétion !... mon style, soi-disant original !... tous les véritables écrivains vous diront ce qu’il faut en penser !... et ce qu’en pense Brottin !... et ce qu’en pense Gertrut ! mais l’épicier ce qu’il en pense ?... voilà l’important !... voilà ce qui me fait réfléchir !... Hamlet du poireau...

Louis-Ferdinand CélineD'un château l'autre

C'est la présence des Allemands qu'est insupportable. Ils sont bien polis, bien convenables. Ils se tiennent comme des boys-scouts. Pourtant on peut pas les piffer...

Louis-Ferdinand CélineD'un château l'autre

Il n'y a de terrible en nous et sur la terre et dans le ciel peut-être que ce qui n'a pas encore été dit. On ne sera tranquille que lorsque tout aura été dit, une bonne fois pour toutes, alors enfin on fera silence et on aura plus peur de se taire. Ça y sera.

Louis-Ferdinand CélineVoyage au bout de la nuit

Figurez-vous qu’elle était debout leur ville, absolument droite. New York c'est une ville debout. On en avait déjà vu nous des villes bien sûr, et des belles encore, et des ports et des fameux mêmes. Mais chez nous, n'est-ce pas, elles sont couchées les villes, au bord de la mer ou sur les fleuves, elles s’allongent sur le paysage, elles attendent le voyageur, tandis que celle-là l’Américaine, elle ne se pâmait pas, non, elle se tenait bien raide, là, pas baisante du tout, raide à faire peur.

Louis-Ferdinand CélineVoyage au bout de la nuit

La vérité, c'est une agonie qui n'en finit pas. La vérité de ce monde c'est la mort. Il faut choisir, mourir ou mentir. Je n'ai jamais pu me tuer moi.

Louis-Ferdinand CélineVoyage au bout de la nuit

Quand on a pas d'imagination, mourir c'est peu de chose, quand on en a, mourir c'est trop.

Louis-Ferdinand CélineVoyage au bout de la nuit