Louis-Ferdinand Céline

LIVRES

CITATIONS (77)

Je voudrais voir un peu Louis XIV avec un « assuré social » !... il verrait si l’État c’est lui !...

Louis-Ferdinand CélineD'un château l'autre

Je vais chercher les malades moi-même (les rares), je les ramène moi-même à la grille, je les guide qu’ils glissent pas (ils me feraient un procès), la glaise, la gadoue !... les chardons aussi... je vais moi-même aux « commissions »... voilà qui vous discrédite !... je vais aussi porter les ordures ! moi-même ! la poubelle jusqu’à la route !... vous pensez ! comment je serais pris au sérieux ?

Louis-Ferdinand CélineD'un château l'autre

[...] la honte c’est d’être pauvre... la seule honte !... tenez moi, pas d’auto, médecin à pied ! de quoi j’ai l’air ?... l’utilité d’un médecin, même très imbécile, un coup de téléphone, il arrive !... l’ambulance fait souvent défaut... quant aux taxis, y en a jamais... au moins le plus idiot médecin, sa voiture !... même la réputation affreuse que j’ai, vieux gibier de bagne, j’aurais une voiture qu’on me trouverait pas si toc, si vieux... voitures et voitures ! je m’amuse ! celle, là-haut, était pas à moi !... ici non plus, aucune !

Louis-Ferdinand CélineD'un château l'autre

- Je vais vous poser une question peut être un peu naïve : Pour quelle raison est-ce que vous avez fait paraître ce nouvel ouvrage, D'un château l'autre ? - Dame, évidemment, c'est surtout pour des raisons économiques, pour parler gentiment. Je suis l'objet d'une sorte d'interdit depuis un certain nombre d'années, et en faisant paraître un ouvrage qui est malgré tout assez public, puisqu'il parle de faits bien connus, et qui intéressent tout de même les français, - puisque c'est une petite partie, toute petite mais enfin quand même, une petite partie de l'histoire de France : je parle de Pétai...

Louis-Ferdinand CélineEntretien avec Albert Zbinden

Vous comprenez tout le Moyen âge si vous avez vécu à Siegmaringen... l’envie, toute la haine des vilains, tout autour, crevant de toutes les pourritures féminines, froids, fièvres... les gens, les gâtés du château.

Louis-Ferdinand CélineD'un château l'autre

[…] on se fait très bien de plaire à personne !...bon débarras ! bon débarras ! l’idéal même !...mais la boustiffe ?... très joli l’isolement total, mais les moyens ?... pas plaire et vioquir et des rentes !.. le vrai bonheur jamais jamais plus emmerdé !... un rêve facile pour un gens riche, par exemple Achille !...

Louis-Ferdinand CélineD'un château l'autre

Il fallait que je félicite, et pas qu'un peu !... énormément !... faut pas y aller à la cuiller avec les hommes politiques... massif ! jamais trop gros, lourd... comme aux gonzesses !... les hommes politiques demeurent jeunes filles toute leur vie... plaire !... plaire !... suffrages ! vous dites pas à une demoiselle : « Que vous êtes donc gentille ! » non ! vous lui parlez comme Mariano : « Dieu que vous êtes uniqu'au mon'do' » ! le moins qu'elle tolère !... votre homme politique est pareil !...

Louis-Ferdinand CélineD'un château l'autre

La tête est une espèce d’usine qui marche pas très bien comme on veut… pensez ! deux mille milliards de neurones absolument en plein mystère… vous voilà frais ! neurones livrés à eux-mêmes ! le moindre accès, votre crâne vous bat la campagne, vous rattrapez plus une idée !... vous avez honte…

Louis-Ferdinand CélineD'un château l'autre

[…] tous les bureaux de poste que j’ai vus à travers l’Allemagne, pas seulement Siegmaringen, les plus grandes villes, des plus petits hameaux étaient toujours bourrés de clients, et aux guichets des « collections »... des queues et des queues, collectionner des timbres d’Hitler, tous les prix !... d’un pfennig jusqu’à 50 marks… moi je serais Nasser, moi par exemple, ou Franco ou Salazar, je voudrais voir si mes pommes sont cuites, je voudrais vraiment être renseigné, ce qu’on pense de moi… je demanderais pas à mes polices !... non !... j’irais voir moi-même à la Poste, les queues aux guichets ...

Louis-Ferdinand CélineD'un château l'autre

Il existe pour le pauvre en ce monde deux grandes manières de crever, soit par l'indifférence absolue de vos semblables en temps de paix, ou par la passion homicide des mêmes la guerre venue.

Louis-Ferdinand CélineVoyage au bout de la nuit

Après tout, pourquoi n'y a-t-il pas autant d'art possible dans la laideur que dans la beauté ? C'est un genre à cultiver voilà tout.

Louis-Ferdinand CélineVoyage au bout de la nuit

La beauté, c'est comme l'alcool ou le confort, on s'y habitue, on n'y fait plus attention.

Louis-Ferdinand CélineVoyage au bout de la nuit

Celui qui parle de l'avenir est un coquin. C'est l'actuel qui compte. Invoquer sa postérité, c'est faire un discours aux asticots.

Louis-Ferdinand CélineVoyage au bout de la nuit

Si on se laissait aller à aimer les gens gentils, la vie serait atroce.

Louis-Ferdinand CélineLettres

On perd la plus grande partie de sa jeunesse à coups de maladresses.

Louis-Ferdinand CélineVoyage au bout de la nuit

Faire confiance aux hommes, c'est déjà se faire tuer un peu.

Louis-Ferdinand CélineVoyage au bout de la nuit

Quand on a pas d'imagination, mourir c'est peu de choses, quand on en a, mourir c'est trop.

Louis-Ferdinand CélineVoyage au bout de la nuit

La plupart des gens ne meurent qu'au dernier moment ; d'autres commencent et s'y prennent vingt ans d'avance et parfois davantage. Ce sont les malheureux de la terre.

Louis-Ferdinand CélineVoyage au bout de la nuit

Ce monde n'est qu'une immense entreprise à se foutre du monde.

Louis-Ferdinand CélineVoyage au bout de la nuit

Presque tous les désirs du pauvre sont punis de prison.

Louis-Ferdinand CélineVoyage au bout de la nuit

La médecine, c'est ingrat. Quand on se fait honorer par les riches, on a l'air d'un larbin ; par les pauvres, on a tout du voleur.

Louis-Ferdinand CélineVoyage au bout de la nuit

[…] je vis encore plus de haine que de nouilles !

Louis-Ferdinand CélineD'un château l'autre

Ne croyez jamais d’emblée au malheur des hommes. Demandez-leur seulement s’ils peuvent dormir encore…si oui, tout va bien. Ça suffit.

Louis-Ferdinand CélineVoyage au bout de la nuit

Il faudra endormir pour de vrai, un soir, les gens heureux, pendant qu’ils dormiront, je vous le dis, et en finir avec eux et avec leur bonheur une fois pour toutes. Le lendemain on en parlera plus, de leur bonheur, et on sera devenu libre d’être malheureux tant qu’on voudra […].

Louis-Ferdinand CélineVoyage au bout de la nuit

Autant pas se faire d'illusions, les gens n'ont rien à se dire, ils ne se parlent que de leurs peines à eux chacun, c'est entendu. Chacun pour soi, la terre pour tous.

Louis-Ferdinand CélineVoyage au bout de la nuit