Louis-Ferdinand Céline - D'un château l'autre

CITATIONS (12)

Encore mes rancœurs !... vous m’excuserez d’un peu de gâtisme... mais pas tellement que je vous lasse !... moi et mes trois points !... un peu de discrétion !... mon style, soi-disant original !... tous les véritables écrivains vous diront ce qu’il faut en penser !... et ce qu’en pense Brottin !... et ce qu’en pense Gertrut ! mais l’épicier ce qu’il en pense ?... voilà l’important !... voilà ce qui me fait réfléchir !... Hamlet du poireau...

Louis-Ferdinand CélineD'un château l'autre

C'est la présence des Allemands qu'est insupportable. Ils sont bien polis, bien convenables. Ils se tiennent comme des boys-scouts. Pourtant on peut pas les piffer...

Louis-Ferdinand CélineD'un château l'autre

La tête est une espèce d’usine qui marche pas très bien comme on veut... pensez ! deux mille milliards de neurones absolument en plein mystère... vous voilà frais ! neurones livrés à eux-mêmes ! le moindre accès, votre crâne vous bat la campagne, vous rattrapez plus une idée !... vous avez honte... moi là comme je suis, sur le flanc, je voudrais vous parler encore... tableaux, blasons, coulisses, tentures !... mais je ne sais plus... je retrouve plus ! la tête me tourne... oh ! mais attendez !... je vous retrouverai !... vous et mon Château... et ma tête !... plus tard... plus tard... je me sou...

Louis-Ferdinand CélineD'un château l'autre

Je voudrais voir un peu Louis XIV avec un « assuré social » !... il verrait si l’État c’est lui !...

Louis-Ferdinand CélineD'un château l'autre

Je vais chercher les malades moi-même (les rares), je les ramène moi-même à la grille, je les guide qu’ils glissent pas (ils me feraient un procès), la glaise, la gadoue !... les chardons aussi... je vais moi-même aux « commissions »... voilà qui vous discrédite !... je vais aussi porter les ordures ! moi-même ! la poubelle jusqu’à la route !... vous pensez ! comment je serais pris au sérieux ?

Louis-Ferdinand CélineD'un château l'autre

[...] la honte c’est d’être pauvre... la seule honte !... tenez moi, pas d’auto, médecin à pied ! de quoi j’ai l’air ?... l’utilité d’un médecin, même très imbécile, un coup de téléphone, il arrive !... l’ambulance fait souvent défaut... quant aux taxis, y en a jamais... au moins le plus idiot médecin, sa voiture !... même la réputation affreuse que j’ai, vieux gibier de bagne, j’aurais une voiture qu’on me trouverait pas si toc, si vieux... voitures et voitures ! je m’amuse ! celle, là-haut, était pas à moi !... ici non plus, aucune !

Louis-Ferdinand CélineD'un château l'autre

Vous comprenez tout le Moyen âge si vous avez vécu à Siegmaringen... l’envie, toute la haine des vilains, tout autour, crevant de toutes les pourritures féminines, froids, fièvres... les gens, les gâtés du château.

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[…] on se fait très bien de plaire à personne !...bon débarras ! bon débarras ! l’idéal même !...mais la boustiffe ?... très joli l’isolement total, mais les moyens ?... pas plaire et vioquir et des rentes !.. le vrai bonheur jamais jamais plus emmerdé !... un rêve facile pour un gens riche, par exemple Achille !...

Louis-Ferdinand CélineD'un château l'autre

Il fallait que je félicite, et pas qu'un peu !... énormément !... faut pas y aller à la cuiller avec les hommes politiques... massif ! jamais trop gros, lourd... comme aux gonzesses !... les hommes politiques demeurent jeunes filles toute leur vie... plaire !... plaire !... suffrages ! vous dites pas à une demoiselle : « Que vous êtes donc gentille ! » non ! vous lui parlez comme Mariano : « Dieu que vous êtes uniqu'au mon'do' » ! le moins qu'elle tolère !... votre homme politique est pareil !...

Louis-Ferdinand CélineD'un château l'autre

La tête est une espèce d’usine qui marche pas très bien comme on veut… pensez ! deux mille milliards de neurones absolument en plein mystère… vous voilà frais ! neurones livrés à eux-mêmes ! le moindre accès, votre crâne vous bat la campagne, vous rattrapez plus une idée !... vous avez honte…

Louis-Ferdinand CélineD'un château l'autre

[…] tous les bureaux de poste que j’ai vus à travers l’Allemagne, pas seulement Siegmaringen, les plus grandes villes, des plus petits hameaux étaient toujours bourrés de clients, et aux guichets des « collections »... des queues et des queues, collectionner des timbres d’Hitler, tous les prix !... d’un pfennig jusqu’à 50 marks… moi je serais Nasser, moi par exemple, ou Franco ou Salazar, je voudrais voir si mes pommes sont cuites, je voudrais vraiment être renseigné, ce qu’on pense de moi… je demanderais pas à mes polices !... non !... j’irais voir moi-même à la Poste, les queues aux guichets ...

Louis-Ferdinand CélineD'un château l'autre

[…] je vis encore plus de haine que de nouilles !

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