Louis-Ferdinand Céline - Voyage au bout de la nuit

[...] donc Lili s’en va !... je reste avec les chiens... je peux pas dire que je suis vraiment seul... les chiens me préviennent... ils me préviendront du facteur, encore à quatre kilomètres ! de Lili, encore à la gare... ils savent quand elle descend du train... jamais d’erreur ! j’ai toujours cherché à savoir comment ils savaient ? ils savent, c’est tout !... nous on se tape la tête dans les murs, on est idiots mathématiques... Einstein saurait pas non plus si Lili arrive... Newton non plus... Pascal non plus... tous sourds aveugles bornés sacs...

Louis-Ferdinand CélineVoyage au bout de la nuit
Soumis par nico