Louis-Ferdinand Céline - Voyage au bout de la nuit

C'est le délai qu'il nous faut, deux années, pour nous rendre compte, d'un seul coup d'oeil, intrompable alors, comme l'instinct, des laideurs dont un visage, même en son temps délicieux, s'est chargé. On demeure comme hésitant un instant devant, et puis on finit par l'accepter tel qu'il est devenu le visage avec cette disharmonie croissante, ignoble, de toute la figure. (.) On peut dire alors qu'on ne s'était pas trompé de chemin, sans s'être concertés, l'immanquable route pendant deux années de plus, la route de la pourriture. Et voilà tout.

Louis-Ferdinand CélineVoyage au bout de la nuit
Soumis par nico